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Amadou Yacine THIAM: «Nous voulons promouvoir le tourisme culturel»

Écrit par walfadjiri on .

Spécialisé dans l'art ancien africain depuis plus de vingt ans, Amadou Yassine Thiam s'acharne à promouvoir des artistes contemporains de la sous-région. Promoteur de Keur Gaïndé, il souligne que c'est dans le cadre des administrations africaines qu'il importe de parler d'intégration. Les peuples l'ont déjà réussie. Dans le cadre de son complexe culturel, il cherche à le prouver.


Wal Fadjri : Quel est l'historique du complexe Yassine art center ?

Amadou Yassine Thiam : Ce complexe est né de la galerie Yassine, une structure créée en 1985 au Togo. Son circuit international a conduit ses initiateurs un peu partout dans le monde. En plus du centre de Dakar, qui fait office de quartier général, la galerie Yassine compte deux autres structures basées à Bruxelles et à Los Angeles avec la particularité de ne recevoir que sur rendez-vous. Yassine Art Center a une vocation multiple. Elle est d'abord un cadre d'expression pour les jeunes créateurs avant d'être une structure destinée à promouvoir le tourisme culturel. La promotion de la musique traditionnelle fait aussi partie de nos priorités. Il s'agit d'un complexe culturel avec plusieurs modules.

Wal Fadjri : Que cherchez-vous à travers la création de Yassine Art Center ?

Nous sommes partis du constat que l'Afrique ne peut vendre au monde que sa culture. Celle-ci, malgré sa richesse, est sous-exploitée. Il y a chez nous une symbiose des différentes cultures du monde. Et ce sont ces différences qui font nos grandes valeurs. Il y a en Afrique des francophiles, arabophiles, des indophiles et des américanophiles. Ce condensé, qui vient en appoint à nos cultures traditionnelles, offre d'excellentes opportunités dans un domaine où nous avons beaucoup à offrir. Il se trouve aussi que nos hôtes se plaignent du tourisme classique qui ne les confine que dans leurs résidences hôtelières. Ils sont loin des populations et de leurs réalités. Avec l'érection de ce complexe, nous voulons offrir aux touristes ce qu'ils n'ont pas chez eux et qu'ils peuvent trouver dans notre pays.

Wal Fadjri : Quoi par exemple ?

Avec la richesse du cœur, nous avons une approche de la vie différente de celle des autres peuples. L'esprit de l'Africain est si ouvert qu'il pardonne. Son corps absorbe la misère et la douleur. L'Africain ne connaissait pas le stress. Il se suicidait rarement. Nous n'avons pas ce blocage. Malheureusement, nous avons tendance à perdre nos racines.

Wal Fadjri : L'architecture du complexe est originale. Qu'est-ce que vous avez voulu y exprimer ?

Le lion est un mariage de l'art de l'architecture et de la sculpture. Par la réalisation de cette œuvre, nous voulons lancer un appel aux jeunes architectes pour qu'ils s'inspirent du lion. Et ce dans le but de créer une nouvelle forme d'architecture africaine. Etant donné que rien n'est définitif dans ce monde. Il faut qu'ils osent pour aller de l'avant. Nous voulons ainsi les pousser à rêver pour progresser. Aujourd'hui, il est regrettable de noter que nous avons tendance à minimiser cette production psychique chez nous.

Propos recueillis par I. DIAW et M. NGOM © Copyright Walfadjiri