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Echanges avec des galeristes : Mbagnick Ndiaye encourage le développement du marché de l’art

Écrit par Le Soleil on .


Mbagnick Ndiaye promet d’ accompagner les galeristes dans leur volonté d’organisation et de structuration.


Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a rencontré, hier, des responsables de galeries privées du Sénégal. L’initiative entre dans le cadre des rencontres périodiques avec les acteurs culturels. La tutelle mise sur le développement d’un véritable marché de l’art.

Une première. Le ministre de la Culture et de la Communication a rencontré, hier, des responsables de galeries privées du Sénégal. Au centre de cette rencontre-échange, qui avait pour cadre le Musée des civilisations noires, des questions comme le marché de l’art, le statut de l’artiste et celui de la galerie. Soulignant l’importance des artistes et des galeries dans le sous-secteur des arts visuels, Mbagnick Ndiaye souhaite voir Dakar comme une plateforme du marché de l’art.

S’exprimant au nom du Collectif « Partcours » (regroupant des responsables de diffusion et de distribution), Thérèse Turpin Diatta salue la démarche de  la tutelle avec cette volonté d’ouverture, de concertation avec des espaces privés, pour un rayonnement des arts visuels. La directrice de la galerie Kemboury espère voir se créer une habitude de rencontres et d’échanges dans l’espace culturel.

Marché moderne
Pour la promotion de l’art, le ministre rêve de voir se développer le concept « Une galerie, un mois » avec des espaces de diffusion comme la Galerie nationale d’art ou le Musée des civilisations noires. Dans son propos, M. Ndiaye souligne l’importance des galeries dans le dispositif de protection et de promotion de la création dans le sous-secteur des arts visuels. Selon lui, les galeries mettent en lumière le génie de nos artistes. A cet effet, il magnifie l’apport de promoteurs d’espaces privés comme Thérèse Turpin Diatta (Galerie Kemboury), Kalidou Kassé (Ateliers du Sahel), Amadou Yacine Thiam (Galerie Yassine). Pour la tutelle, « il est temps que les galeries, publique comme privée, se retrouvent dans un cadre commun afin de consolider progressivement le marché national des arts, en  articulation avec la scène internationale ».

Il s’agira, d’après Mbagnick Ndiaye, de voir comment « harmoniser l’action des différentes plateformes de valorisation des artistes et de leurs œuvres dans tout le pays ». Mais également d’« assurer l’avènement d’un marché moderne de l’art éloigné de toute approche fantaisiste dans l’évolution esthétique et la cotation des œuvres ». A ce niveau, relève le ministre, « la tentative de l’artiste-peintre Kalidou Kassé (organisateur de la 1ère édition du Marché de l’art à Dakar) est à saluer ». Pour que Dakar soit une véritable plateforme du marché de l’art, « l’Etat doit soutenir le sous-secteur, l’accompagner sur le plan juridique et institutionnel, mais aussi financier », assure-t-il.

Toujours dans son propos, M. Ndiaye rappelle l’un des objectifs de cette rencontre qui est de passer en revue l’ensemble des difficultés auxquelles les galeristes sont confrontés et trouver des solutions réalistes et durables. Au cours des échanges, des points comme le droit d’auteur, le droit de suite, le statut de l’artiste, du galeriste, la formation…, sont revenus en filigrane. Pour l’artiste-plasticien Kalidou Kassé, à l’heure où l’on parle de l’emploi des jeunes, l’accent doit être mis sur la formation et l’organisation.

Organisation et professionnalisme
De son côté, Amadou Yacine Thiam revient sur la 1ère édition du Marché de l’art de Dakar (Madak). Le directeur de la Galerie Yassine insiste sur la nécessité d’avoir une expertise dans le domaine des arts visuels avec beaucoup de professionnalisme. Il suggère ainsi la mise en place d’un comité de sélection des œuvres pour pérenniser l’initiative de son confrère Kalidou Kassé. « On ne peut pas mélanger tout dans un cadre aussi important que le Madak », lance-t-il. Sur la même ligne, Delphine Calmette  du collectif  « Partcours » s’interroge sur le statut de l’artiste, de la galerie qui, à ses yeux, est une notion en mutation.

« Il faut que cela soit professionnel », soutint la responsable de la Galerie Le Manège de l’Institut français. Dans le même ordre d’idées, le consultant Moustapha Tambédou plaide pour que « les galeristes aient un cadre de coordination et d’organisation, en se conformant à la loi en toute transparence.
Reprenant la parole, Mbagnick Ndiaye promet que son département va accompagner  les galeristes dans leur volonté d’organisation et de structuration. En attendant de recevoir les conclusions de la rencontre, le ministre de la Culture rassure : « Nous sommes ouverts à toutes les suggestions ».

E. Massiga FAYE